5 choses à savoir sur Hugues Fabrice Zango

Hugues Fabrice Zango s’apprête a déployer tout son talent lors du concours de triple saut aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Mais connaissez-vous bien le Burkinabé ?

Photo de 2019 Getty Images / Michael Steele

Cette année à Tokyo 2020, Hugues Fabrice Zango est le plus grand espoir de médaille pour le Burkina Faso.

Le spécialiste du triple saut, médaillé de bronze aux Championnats du monde de Doha 2019, en a surpris plus d’un avec cette médaille avec un triple bond à 17,66 m.

Mais lui, il sait qu’il est capable de bien mieux. Il avait même déclaré à Olympic Channel en avril 2020 : « Honnêtement, je suis déçu. Je suis heureux d'avoir obtenu une médaille, mais je venais ici pour l'or. Le bronze est décevant parce que je connais mes capacités. »

Mardi 3 août, il entrera sur la piste du Stade olympique de Tokyo avec l'intention d'accéder à la finale (5 août), puis de la remporter.

La finale féminine a été remportée par la Vénézuélienne Yulimar Rojas, dimanche 1er août, avec un nouveau record du monde à la clé : 15,67 m. Le précédent record datait de 1995, tout comme le record du monde masculin, toujours détenu par le Britannique Jonathan Edwards (18,29 m). Une performance qui a dû donner des idées au Burkinabé.

Voici 5 choses à savoir sur Hugues Fabrice Zango.

Il a commencé l’athlétisme par hasard

Si beaucoup de sportifs ont commencé un sport pour suivre les traces de leurs aînés, Zango fait partie de ceux qui sont arrivés un peu par hasard dans leur discipline de prédilection.

« J'ai commencé l'athlétisme un peu par hasard. Les principaux sports au Burkina Faso sont le football et le cyclisme. On n'entend pas beaucoup parler d'athlétisme au Burkina Faso. »

« En 2011, j'ai été repéré pour participer à une compétition scolaire. Lors de cet événement, un entraîneur du Stade du 4 août, l'un des seuls stades avec une piste d'athlétisme dans le pays, a vu que je pouvais faire un bon sauteur. »

« J'ai commencé à m'entraîner avec lui en 2012 jusqu'en 2015. En 2016, j'ai déménagé en France et je me suis entraîné pendant deux ans avec un entraîneur local ».

Il est entraîné par Teddy Tamgho

Hugues Fabrice Zango, n’est autre que le poulain de Teddy Tamgho, champion du monde de la discipline en 2013 et ancien détenteur du record du monde en salle. Comment se sont-ils rencontrés ?

« J'ai connu Teddy grâce aux réseaux sociaux et au monde de l'athlétisme », a déclaré le jeune homme.

« Le fait que le président de mon club actuel en France, l'Artois Athlétisme, connaissait également Teddy m'a aidé. J'ai parlé au président et lui ai demandé s'il pouvait parler à Teddy en mon nom afin qu'il puisse m'entraîner pour améliorer ma technique. Teddy a accepté ».

Une collaboration qui dure depuis maintenant cinq ans et qui fonctionne à merveille.

« Ce qui fait sa force, c'est son sérieux, sa discipline. Après, sur le plan physique, c'est quelqu'un qui va très vite », expliquait Teddy Tamgho au journal L’Équipe.

Avec Tamgho, le triple sauteur a réussi à trouver les clés pour réaliser de très grandes performances, a-t-elle point qu’un jour, sur les réseaux sociaux, il avait annoncé à son entraîneur : « Coach, avec tout le respect que je te dois, un jour je battrai ton record du monde. »

Il ne croyait pas si bien dire…

Il a battu le record du monde de triple saut en salle

« Pour moi le plus important, c’est le record du monde. C’est ce que je veux atteindre » nous confiait Hugues Fabrice Zango au printemps 2020. C’est désormais chose faite.

Le 16 janvier lors du meeting élite longueur/triple d’Aubière, il a réalisé un triple saut à 18,07 m et battu le record du monde en salle.

Avec trois sauts au delà des 17,60 m (x/17,33 m/x/17,61 m/17,70 m/18,07 m) Zango a réalisé un concours impressionnant ce jour-là. Son avant-dernier saut à 17,70, à seulement sept petits centimètres de son record personnel, confirmait ses sensations du jour. Avant l’apothéose au dernier essai, un magistral saut à 18,07 m.

L’ancienne marque de 17,92 m avait été réalisée par son entraîneur, le triple-sauteur français Teddy Tamgho le 6 mars 2011 lors des Championnats d’Europe à Paris.

Avec ce saut, il a donc battu son entraîneur, s’est emparé du record du monde, devenant au passage le premier homme à passer la barre des 18 mètres en salle.

Il veut gagner la première médaille olympique pour son pays

En neuf participation aux Jeux Olympiques, le Burkina Faso n’a pas réussi a décrocher une seule médaille olympique. Une situation que le triple sauteur vaut changer cette année à Tokyo.

« En triple saut, je voudrais gagner une médaille olympique pour le Burkina Faso. Nous n'avons jamais gagné de médaille olympique. »

Lors d’une interview sur Canal+, le Burkinabé a même demandé à son pays de croire en lui et de le soutenir lors de ses épreuves, même à distance.

« Je voudrais vous demander de prier pour moi et me suivre justement le 3 août pour ma première sortie, c’est-à-dire la qualification, et la finale, c’est le 5 août. Suivez attentivement ce qui va se passer parce que ce serait très important pour le Burkina ».

Avec les performances qu’il a réalisées cette année et le travail qu’il abat chaque jour pour être parmi les meilleurs, il est la plus grande chance de médaille olympique pour le Burkina Faso cette année à Tokyo.

Il fait un doctorat en génie électrique

À côté de l’athlétisme, Hugues Fabrice Zango fait un doctorat en génie électrique à Lille, juste à côté de là où il s’entraine. Pour lui, les études sont primordiales et comme en sport, avant de penser à lui, il pense aux autres et à son pays.

« Pour le doctorat en génie électrique, ce que je veux, c'est être professeur. Dans nos universités [au Burkina Faso], surtout dans les disciplines techniques comme le génie électrique ou la mécanique, nous n'avons que des professeurs étrangers qui y enseignent ».

« Mon objectif est d'être parmi les premiers professeurs locaux, pour partager mes connaissances avec les étudiants de mon pays. »

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