5 choses à savoir sur le champion olympique Earvin Ngapeth

Coup de projecteur sur Earvin Ngapeth, la star de l’équipe de France de volleyball, championne olympique pour la première fois. Connaissez-vous bien le receveur-attaquant médaillé d’or ?

Photo de Photo de Toru Hanai/Getty Images

Alors que la France vient d’être sacrée pour la première fois de son histoire aux Jeux Olympiques, Tokyo 2020 revient sur un de ses meilleurs joueurs et star mondiale de la discipline : Earvin Ngapeth. Le réceptionneur-attaquant qui a fêté ses 30 ans en début d’année a déjà un beau palmarès à son actif en club et avec les Bleus.

À Tokyo, il a été un pion essentiel de la victoire historique des Bleus. Mais connaissez-vous bien le n° 9 de l’équipe de France ? Présentation.

1. Le volley, une histoire de famille

Vous connaissez sans aucun doute le nom de famille Ngapeth. Mais c’est peut-être d’Éric dont vous vous souvenez. International camerounais et français, le papa d’Earvin – prénommé en hommage au basketteur Earvin « Magic » Johnson – a porté les couleurs de l’équipe de France à 220 reprises dans les années 1980.

Reconverti entraîneur, c’est lui qui lance son fiston chez les pros au Tours VB, en 2008. « Si mon père n'avait pas été mon entraîneur quand j'avais 17 ans, je ne serai pas là ou je suis aujourd'hui », reconnaît Earvin sur beIN Sports. Ensemble, ils gagnent la Coupe de France en 2009, 2010 et 2011, ainsi que le titre de champion de France 2010. Ces trois derniers titres, ils les remportent d’ailleurs avec l’aide de Swan Ngapeth, le petit frère d’Earvin, qu’Éric a également jeté dans le bain professionnel un an après l’aîné.

En 2016, les deux frangins se retrouvent à Modène Volley, le club le plus titré d’Italie, et évoluent ensemble pendant deux saisons. « J’ai découvert un autre volley là-bas, un volley de très haut niveau », déclarait Swan à la Nouvelle République.

2. L’histoire d’amour avec l’Italie et Modène

Si Swan est depuis reparti à Poitiers, Earvin a su se forger une belle réputation en Italie. Tout commence au Piemonte Volley avec qui il se hisse jusqu’en finale de la Ligue des champions en 2013, perdue contre les Russes du Lokomotiv Novosibirsk.

Mais c’est vraiment à Modène, terre de volley, qu’il décolle, lors de ses quatre ans et demi passés là-bas à partir de 2014. De plus, il a connu ses plus belles années en Bleu alors qu’il évoluait dans le club de cette ville de moins de 200 000 habitants, haut-lieu de l’industrie automobile de luxe (Ferrari, Lamborghini ou encore Maserati y sont implantés).

En effet, avec l’équipe de France, il est sacré en Ligue mondiale 2015 et 2017, avec le titre de MVP à la clé lors de ces deux éditions. La première année, il gagne aussi le Championnat d’Europe avec les Tricolores, quelques mois après avoir décroché la Coupe d’Italie, en plus du titre de champion d’Italie qu’il va remporter en 2016, avec un titre de meilleur joueur de SuperLega à la clé.

Il a désormais ajouté l’or olympique à ce palmarès impressionnant puisqu’il a annoncé, en avril 2021, qu’il faisait son retour à Modène, le club qu’il avait quitté pour Kazan dans l’espoir d’accrocher cette Ligue des champions, qui continue de lui faire défaut après une nouvelle finale perdue en 2019.

3. Klima puis Earvin, ses blazes de rappeur

Quand il ne joue pas au volley, Ngapeth file direct au studio d’enregistrement pour s’adonner à son autre passion, le rap. Un temps surnommé Klima, il se fait aujourd’hui appeler Earvin, tout simplement. Après la sortie de son premier titre Ma vie n’a aucun prix en janvier 2016, Earvin a remis ça trois ans plus tard avec l’opus MAИIERE alors qu’il évolue à Kazan, en Russie.

Pour lui, allier le rap et le volley est naturel – il a même sorti en 2015 le titre Team Yavbou (le surnom des Bleus depuis une victoire contre le Brésil en 2013) en soutien à l’équipe de France – et si le volley est son métier et sa passion, le rap est un à-côté indispensable. « Le rap me prend facilement 3 heures par jour. Je peux clairement dire que je suis dans une double carrière. Et pourquoi pas faire une carrière dans la musique [après le volley] ? », se demande-t-il dans une interview avec la radio Mouv’.

La musique lui permet surtout de s’exprimer en dehors du terrain, comme une sorte d’échappatoire. « Quand j’ai commencé la musique, c’était vraiment parce que j’étais à la recherche de liberté. Maintenant, j’ai un nom, je suis reconnu de tous. Si je continue la musique, c’est pour m’exprimer, mais surtout impacter positivement mon environnement, ma ville, mon pays, l’Afrique, le monde », dit-il dans un post Instagram.

Il a évidemment sa propre chaîne YouTube où vous pouvez écouter tous ses titres, comme son dernier : Mamacita.

4. Des gestes osés et décisifs

Démonstratif sur un terrain de volley, Earvin Ngapeth aime surtout inventer des gestes décisifs sur le terrain. Il est notamment connu pour sa « spéciale », le smash renversé, dos au filet. Il l’a notamment claqué en finale du Championnat d’Europe 2015 sur… la balle de match !

Clairement, il aime la pression puisque cette année, il s’est à nouveau illustré en finale du TQO pour Tokyo 2020, à nouveau au moment le plus décisif. Juste avant de servir pour le match, le flegmatique Poitevin avait annoncé que le match allait se finir fissa. « Avant de servir, Earvin nous dit : "De toutes façons je m’en fous, je vais faire un ace". », explique son coéquipier français Jean Patry dans une interview avec Tokyo 2020. « Je suis en position de bloc et je vois cette balle arriver sur le réceptionneur adverse, qui touche ses bras et qui part en tribune. Je comprends que c’est fini, qu’on est qualifié. [Earvin] tombe à genoux… »

5. Les Jeux Olympiques, un doux rêve

Avant les Jeux de Rio 2016, Earvin déclarait sur RMC Sport : « Les Jeux Olympiques, c’est le rêve de tout sportif au monde. » Et malgré une élimination dès la phase de groupe logiquement décevante pour la Team Yavbou, l’objectif reste inchangé. « C’étaient les premiers Jeux de notre groupe et je pense que nous avons été submergés, dépassés par l’événement », déclarait-t-il au Figaro un an après Rio. « Nous n’avons pas su nous préparer mentalement pour un tel événement. Les prochains à Tokyo, nous serons comment faire. »

Les Bleus ont certainement compris comment s’y prendre au Japon puisqu’ils ont décroché le titre suprême. Mais Ngapeth avoue aussi penser déjà aux Jeux « à la maison », ceux de Paris 2024. Ngapeth aura alors 33 ans, pas trop tard pour décrocher une deuxième médaille olympique. « Les JO de Paris constituent le très gros objectif de ma fin de carrière », confiait-il à Ouest-France. « J’ai toujours envie de m’incruster encore davantage et de marquer l’histoire avec les Bleus ». La marquer encore un peu plus certainement.

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