Plaider en faveur de l’utilisation du sport pour améliorer les conditions de vie des réfugiés dans notre monde « fragile »

Permettre aux réfugiés de bénéficier des bienfaits du sport : les CNO se joignent à l’action collective de solidarité

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IOC President Thomas Bach announcing the Joint Sport Pledge on behalf of the Sport for Refugees Coalition at the Global Refugee Forum, committing USD 45 million to benefit 500,000 displaced people
© À l’occasion du Forum mondial sur les réfugiés, le président du CIO, Thomas Bach, a annoncé, au nom de la Coalition sportive au service des réfugiés, la prise d’un engagement commun en faveur du sport, prévoyant d’affecter 45 millions d’USD au soutien de 500 000 personnes déplacées.

Ali est un jeune garçon réfugié originaire de Syrie qui vit aujourd’hui en Grèce.

Dans cette histoire (véridique), Ali a pu assister à un match de basketball de deuxième division en Grèce, aux côtés de 37 autres enfants. Ali vit dans un centre d’accueil pour réfugiés à environ une heure d’Athènes. C’était un bon match, serré jusqu’à la fin. Et c’est avec des paillettes plein les yeux (comme seuls les enfants peuvent le faire) qu’Ali a dit aux adultes après le match que ces 40 minutes avaient été les plus belles de sa vie.

Il y a la politique, d’une part, et de l'autre la façon dont elle peut, et devrait, se traduire dans la vie réelle, à savoir : rendre heureux les enfants démunis. C’est l’histoire que nous voulons raconter.

Le Forum mondial sur les réfugiés de 2023 s’est tenu en décembre à Genève. Ce forum a lieu tous les quatre ans, et rassemble des États, des militants et une grande variété d’autres parties prenantes. Les délégués y ont appris que, fin 2023, quelque 110 millions de personnes avaient été déplacées de force à l’échelle mondiale, pour des raisons de persécution, de conflits, de violence et des violations des droits humains.

Ne nous leurrons pas : le sport ne peut pas résoudre les causes profondes des conflits, mais il peut ouvrir la voie vers l’inclusion, la protection et une meilleure santé mentale.

C’est l’essence même des Jeux Olympiques. Et la raison pour laquelle le CIO a fondé l’Olympic Refuge Foundation en 2017, après la première participation d’une Équipe olympique des réfugiés aux Jeux de Rio 2016. L’Équipe des réfugiés participera pour la troisième fois à des Jeux Olympiques d’été lors de l’édition de Paris 2024.

C’est également le message que le CIO a voulu transmettre au forum par l’intermédiaire de la Solidarité Olympique : que le sport ne doit pas être un simple « petit plaisir » pour les personnes déplacées. Le sport peut et doit être considéré pour ce qu’il est : important.

Comme le répète souvent le président du CIO, Thomas Bach, notre monde est « fragile et brisé ». À l’occasion du Forum 2023, plus de 135 entités se sont engagées, au travers de l’« Engagement multipartite du sport », pour un montant s’élevant à plus de 50 millions d’USD, à se servir du sport pour améliorer les conditions de vie des réfugiés. Les organisateurs estiment que les fonds pourraient bénéficier à près de 825 000 personnes déplacées et membres des communautés d’accueil.

L’Engagement regroupe plus de 40 CNO et FI, ainsi que des gouvernements, des organisations axées sur les réfugiés, des agences des Nations Unies, des groupes du secteur privé et bien d’autres encore.

Un grand nombre de CNO du monde entier ont rejoint l’Engagement, tous fermement engagé malgré leurs différences en matière de ressources. La liste comprend, sans s’y limiter, les CNO d’Allemagne, de Bulgarie, du Danemark, du Kenya, de Moldavie, de Norvège, du Rwanda, du Qatar et de Slovaquie.

Lors de son allocution dans le cadre du Forum, Katrin Grafarend, responsable des relations internationales à la Confédération allemande des sports olympiques (DOSB), a déclaré que les CNO jouaient un rôle clé en tant que « connecteurs importants » dans la mise en œuvre de l’Engagement, en particulier en ce qui concerne « l’attribution des ressources » et « la promotion des partenariats ».

« Le Forum mondial sur les réfugiés est un moment clé nous permettant d’encourager les acteurs issus du monde sportif à mieux tirer parti du sport pour atteindre les objectifs de soutien aux jeunes vivant dans des contextes de déplacement. Il aidera davantage de praticiens et de décideurs politiques à intégrer le sport dans leur travail de soutien aux réfugiés et aux personnes déplacées. »

Dans le cadre de cet Engagement, elle a annoncé aux délégués que le DOSB s’associerait CNO grec pour mettre en œuvre un projet pesant 2 millions d’EUR (environ 2,1 millions d’USD) intitulé « Together in Sport » (Ensemble dans le sport).

L’objectif : toucher 10 000 jeunes réfugiés en Grèce, y compris des mineurs non accompagnés et des jeunes en situation de handicap, avec des activités prévues jusqu’en 2026.

C’est grâce à cet Engagement qu’Ali a pu se rendre au match de basketball ce jour-là, a expliqué Gabriel Mujollari, chargé de projet au CNO grec. Il était accompagné d’un autre petit garçon, Jatin, originaire d’Inde, et de son homologue du DOSB, Tobias Antoni.

Les joueurs des deux équipes ont pris des photos avec les enfants et leur ont tapé dans les mains : après coup, Jatin a déclaré qu’il ne se laverait plus jamais les mains.