La Canadienne Rosie MacLennan continue de bondir avec le sourire par-dessus les barrières

13 nov. 2020

Le trampoline, c'est amusant. La double championne olympique Rosie MacLennan ne l'a jamais oublié. C'est d'ailleurs grâce à ça, à l'accompagnement d'un entraîneur aux compétences uniques et au succès de ses compatriotes, que la jeune gymnaste s'est retrouvée au cœur de la course du Canada pour décrocher l'or dans la discipline olympique la plus récente en gymnastique.

Rosie MacLennan aime être la première. Elle est la première gymnaste en trampoline à avoir remporté des titres olympiques consécutifs, la première Canadienne à défendre un titre olympique et la première Canadienne à avoir décroché deux médailles d'or à une épreuve individuelle aux Jeux Olympiques d'été. Ces victoires historiques s'inscrivent dans un contexte extraordinaire.

"Ma coéquipière m'a dit hier que 30 médailles [olympiques] avaient été remises en trampoline [depuis l'inscription du sport au programme des Jeux Olympiques de Sydney en 2000] et les Skyriders [son club dans l'Ontario] en détiennent sept", confie-t-elle. "C'est incroyable quand on y pense."

C'est en effet une réussite exceptionnelle et, aux yeux de la gymnaste, tout ceci est dû au travail d'un seul homme :

 

"C'est une preuve du savoir-faire de mon entraîneur Dave [Ross]", déclare-t-elle au sujet de l'homme de 70 ans à la tête de cette ligne de production canadienne. “Ce qui le motive, c'est sa passion pour le sport. Il essaie évidemment d'amener ses athlètes à un haut niveau, mais il ne s'agit pas de gagner pour lui. Pour lui, le plus important est de prendre du plaisir, ce qui enlève un peu de pression de nos épaules et nous guide dans la bonne direction."

Et de poursuivre : "Il est tout aussi content de voir un enfant apprendre à réaliser un backflip pour la première fois, que de voir un senior effectuer une routine digne d'un record mondial. Il aime le progrès, l'apprentissage et il arrive à transmettre sa passion pour ce sport à la plupart des athlètes qu'il entraîne. Il crée un environnement positif dans lequel on se sent encouragé et stimulé."

Dave Ross et sa conviction que le trampoline doit avant tout procurer du plaisir ont donné naissance à un cercle vertueux qui ne montre aucun signe de ralentissement. Rosie MacLennan avait presque 12 ans lorsque le trampoline a été admis au programme olympique pour la première fois à Sydney en 2000. Jeune fille pleine de grandes ambitions, elle évoluait déjà dans l'environnement idéal.

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"C'était vraiment fort comme moment parce que j'étais allée aux Championnats du monde de 1999 et j'avais donc pu voir Karen [Cockburn] et Mathieu [Turgeon] se qualifier. Ça m'avait vraiment marquée à l'époque. En plus, je les ai côtoyés entre leur qualification et leur participation aux Jeux. Je les ai vus s'entraîner d'arrache-pied. Parfois, ça se passait bien et ils s'entraînaient encore plus dur à leur retour, parfois ça ne se passait pas bien et ils s'entraînaient quand même encore plus dur", se souvient Rosie.

"C'était vraiment incroyable de pouvoir suivre leur parcours, puis les voir non seulement concourir aux Jeux, mais monter sur le podium. C'était vraiment très fort comme moment. Je les connaissais, j'avais la chance de pouvoir les observer et apprendre d'eux. Ça a rendu les choses bien plus réelles. Je sais que c'est un peu étrange de dire ça, parce qu'il s'agit évidemment de vraies personnes, mais comme je pouvais leur parler, voir leurs médailles et les entendre parler de leurs expériences, c'est devenu réel à mes yeux. Ça m'a montré que c'était possible."

La gymnaste savait très bien que les Jeux de Beijing 2008 seraient les premiers auxquels elle serait admissible, alors elle a réussi à se qualifier. Elle a fait de bonnes performances et a terminé septième en finale. Mais, après avoir vu son mentor Karen Cockburn remporter une troisième médaille olympique consécutive, Rosie MacLennan a quitté la Chine avec une seule pensée en tête :

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"J'avais pour seul et unique objectif de recommencer à m'entraîner et à travailler sans relâche pendant les quatre prochaines années pour revenir avec une médaille moi aussi", se rappelle-t-elle avec assurance et sourire.

Aux Jeux de Londres 2012, la Canadienne a appris à transposer sa joie et son entrain naturels dans l'un des environnements les plus compétitifs qui soient. Après avoir effectué une première routine en finale qu'elle qualifie de "pas particulièrement bonne", la gymnaste était en train de visualiser sa deuxième routine lorsqu'elle a ouvert les yeux et aperçu sa famille.

"J'ai tiré la langue à mon frère et ça a détendu l'atmosphère", révèle-t-elle. Elle s'est alors souvenue qu'elle était en train de vivre son rêve : participer au plus haut niveau de compétition du sport qu'elle adore. Ceci a tout changé. Rosie MacLennan a décroché le plus haut score de sa carrière : 57,305, un score digne d'une médaille d'or. 

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"Depuis, j'ai toujours réussi à m'accrocher à ce sentiment de plaisir", explique-t-elle. "J'arrive à garder à l'esprit que quoi que je fasse, que je réalise la meilleure routine de ma vie ou que je tombe tête la première, ça ne définit pas qui je suis en tant que personne, ni en tant qu'athlète."

La médaille d'or de la gymnaste a été la seule remportée par le Canada aux Jeux de 2012. Malheureusement, Karen Cockburn, qui participait à ses derniers Jeux après avoir remporté deux médailles d'argent et une de bronze aux trois éditions précédentes, s'est classée quatrième. Cette finale a donc été un moment doux-amer pour Rosie MacLennan qui avait noué une grande amitié avec la première vedette canadienne du trampoline féminin.


Elle l'a donc ainsi remplacée au titre d'héroïne du moment. Après avoir subi une blessure l'année précédant les Jeux de Rio 2016, Rosie MacLennan a de nouveau su puiser dans sa joie et son entrain et a dominé ses seconds Jeux Olympiques. Sa médaille d'or figure parmi les 16 médailles remportées par des Canadiennes et les six remportées par des Canadiens cette année-là, ce qui la rend encore plus spéciale.

"C'était génial de savoir que ces Jeux pouvaient avoir une influence immense sur le sport féminin au Canada, se réjouit la gymnaste. Mon club compte beaucoup plus de filles dorénavant. Nous avons un super groupe de filles de 10 à 16 ans qui adorent ce sport et adorent s'entraîner. Il y a aussi quelques filles [seniors] à ma salle de sport qui sont géniales à regarder. Elles ont une telle soif de réussite, elles apprennent de nouvelles choses tous les jours et testent toutes leurs nouvelles compétences. J'adore m'entraîner avec elles parce qu'elles rendent toujours ça passionnant."

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L'influence de Rosie MacLennan est indéniable et elle croîtra encore certainement en 2021. Une chose est sûre, la gymnaste ne perdra son sourire pour rien au monde.

"Dave et moi avons discuté des routines au lendemain de Rio et il m'a dit : "je veux juste te voir faire de belles acrobaties, je me moque des médailles". C'est vraiment enthousiasmant", raconte la gymnaste. Elle participera aux Jeux de Tokyo, 81 ans après que son grand-père a vu sa participation annulée à ceux de Tokyo 1940 en raison de la Seconde Guerre mondiale.

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