Aram Mahmoud : "Nous nous sommes tous soutenus, peu importe d'où nous venions"

À l'occasion de la Journée internationale de la paix, Aram Mahmoud, lequel a représenté en badminton l'équipe olympique des réfugiés formée par le CIO pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, explique de quelle manière le sport a permis à ses coéquipiers athlètes réfugiés et à lui-même d'être soudés.

©IOC/Tomasz Dulat

Si les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 sont désormais derrière nous, l'héritage des Jeux continuera d'avoir un impact sur la vie des athlètes, des membres de leur entourage et des spectateurs pour les années à venir. Aram Mahmoud, 24 ans, fait partie de ceux qui n'oublieront jamais l'été 2021.

Aram a commencé à jouer au badminton à l'âge de sept ans, avant de fuir son pays d'origine, la Syrie, en 2015, à l'adolescence, en quête d'une vie meilleure. Il a fini par trouver refuge aux Pays-Bas, où il réside désormais de façon permanente. Cet été, au Japon, Aram est devenu le premier athlète à représenter l'équipe olympique des réfugiés formée par le CIO en badminton. Il est fier de ce qu'il a accompli aux Jeux avec ses coéquipiers.

Parallèlement à ses efforts sportifs et à son objectif d'atteindre les Jeux Olympiques de Paris 2024, Aram étudie l'économie et le marketing sportif à l'Académie Johan Cruyff, pensant ainsi à assurer son avenir après le sport de haut niveau.

À l'occasion de la Journée internationale de la paix, Aram s'est entretenu avec olympics.com à propos de son parcours jusqu'à Tokyo et de la manière dont le pouvoir unique et fédérateur du sport lui a donné l'occasion de réaliser son rêve olympique.

Members of the Olympic Refugee Team at the Olympic Village IOC Refugee Olympic Team / ©IOC/Tomasz Dulat

Quelles émotions avez-vous ressenties lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Tokyo 2020 ?

"C'est quelque chose que je n'oublierai jamais. J'étais dans le stade olympique et quand j'ai entendu la chanson ["Imagine" de John Lennon], cela a été très incroyable parce que j'ai vraiment senti que nous ne faisions qu'un. Tous réunis en un seul et même endroit. Nous nous sommes tous soutenus, peu importe d'où nous venions. Nous avions tous le même objectif et tout le monde était si heureux de faire partie de ces Jeux Olympiques."

Quels sont vos premiers souvenirs des Jeux Olympiques ?

"Bien sûr, en tant que jeune joueur, on a toujours les Jeux Olympiques en tête. La première édition que j'ai regardée était Beijing 2008. Je me souviens que la finale de badminton masculin opposait deux des plus grands noms de ce sport. À partir de ce moment, j'ai espéré qu'un jour je pourrais moi aussi aller aux Jeux Olympiques ; c'était un rêve pour moi.

Je me souviens du moment où le président du CIO a annoncé ma participation et où j'ai été sélectionné pour aller à Tokyo. C'était l'un des meilleurs moments de ma vie car mon rêve devenait réalité."

Comment le sport et les Jeux Olympiques contribuent-ils à un monde plus pacifique ?

"Lorsque nous participons à des compétitions sportives, c'est comme si nous disputions parfois une bataille et que nous devions nous battre d'arrache-pied pour l'emporter. Mais le plus important, c'est à la fin de la compétition, lorsque nous retrouvons la paix, que nous nous respectons mutuellement et que nous nous serrons la main. Tout le monde veut gagner, mais tout le monde est aussi heureux d'être là ensemble et de participer aux Jeux Olympiques.

C'est un sentiment tellement agréable de donner tout ce qu'on a pendant un match, puis après de s'amuser ensemble, de revenir dans le même village olympique et de manger ensemble, par exemple."

Quel message symbolique l'équipe olympique des réfugiés formée par le CIO  envoie-t-elle au reste du monde ?

"Elle envoie un message positif. Je me souviens que lorsque j'ai vu l'équipe olympique des réfugiés formée par le CIO en lice aux Jeux de Rio 2016, le public a immédiatement apporté son soutien à cette idée car ce ne sont pas seulement des athlètes de leur propre pays qui participent aux Jeux Olympiques, mais aussi des réfugiés qui ont traversé de nombreuses situations difficiles dans leur vie.

Pendant les Jeux de Tokyo, j'ai reçu beaucoup de messages gentils de personnes que je n'avais jamais rencontrées, qui me soutenaient, m'encourageaient, même si je jouais contre quelqu'un de leur propre pays ! Notre message est un message de paix dans le monde. Nous voulions tous faire de notre mieux pour montrer que les réfugiés ont aussi des compétences et des capacités."

Quel regard portez-vous sur Tokyo 2020 maintenant ?

"C'est incroyable parce que c'est une expérience qui restera avec moi toute ma vie et que personne ne pourra m'enlever.

Et ce n'est pas seulement pour moi : ma sœur joue aussi au badminton et mon père est entraîneur. Le temps qu'ils ont passé avec moi [en Syrie] à s'entraîner et à jouer n'a pas été vain, alors je suis heureux d'avoir pu représenter ma famille aux Jeux Olympiques et aussi les réfugiés du monde entier."

Comment le badminton vous a-t-il aidé à surmonter les difficultés que vous avez rencontrées tout au long de votre parcours ?

"En raison de la triste situation en Syrie, je n'avais pas d'autre choix que celui de partir. C'était un long voyage avec beaucoup de hauts et de bas, mais aujourd'hui ma vie est plus confortable : je peux étudier et jouer au badminton. Lorsque je suis arrivé aux Pays-Bas, le badminton m'a beaucoup aidé à m'intégrer et à apprendre la langue.

Quand je suis arrivé, ceux qui m'entouraient ont vu que j'étais un bon joueur et que j'avais un certain potentiel, donc ils étaient très heureux de m'accueillir et de partager leur culture. Je suis très reconnaissant envers toutes les personnes qui m'ont aidé dans mon parcours. Bon nombre de personnes m'aident aujourd'hui aussi."

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