Innovations technologiques lors des Jeux Olympiques de Tokyo 1964

Le nombre de nouveautés technologiques présentées lors des Jeux Olympiques de Tokyo 1964 fut tel qu’un journaliste britannique les qualifia de Jeux de “science-fiction”. Les progrès les plus marquants concernaient la couverture médiatique des Jeux, laquelle s’appuyait pour la première fois sur une technologie de diffusion par satellite pour une transmission des compétitions en direct aux téléspectateurs du monde entier.

Une collaboration entre le gouvernement japonais et la NASA permit le lancement d’un satellite de communication, initialement conçu pour les liaisons téléphoniques. La mise en œuvre d’une nouvelle technologie de compression rendait en effet possible la transmission des signaux télévisés, de manière à mettre en direct les compétitions olympiques à la portée d’un public international, puisque cette transmission couvrait en temps réel un tiers du globe. Cette technologie permit ainsi, pour la première fois, de suivre l’intégralité d’un marathon en direct.

D’autres grandes innovations furent, par exemple, l’utilisation de microphones pour les prises de son en proximité et la présentation de rediffusions au ralenti, pour l’ensemble des couvertures télévisées. De plus, alors que la grande majorité des téléspectateurs suivaient les Jeux en noir et blanc, certaines cérémonies et compétitions furent diffusées pour la première fois en couleur, notamment la cérémonie d’ouverture, la lutte, le volleyball, la gymnastique et le judo. Certains chercheurs – qui ont depuis analysé l’héritage technologique de Tokyo 1964 – ont accordé aux Jeux le mérite d’avoir présenté au monde les technologies japonaises de radiodiffusion, aidant par là même l’industrie japonaise des équipements télévisuels à se frayer un chemin sur le marché mondial.

Toutefois, les percées technologiques de Tokyo 1964 ne se limitèrent pas à la couverture télévisée des Jeux. D’autres innovations se trouvaient en effet sur le terrain, telles des perches en fibre de verre, utilisées pour la première fois dans les épreuves olympiques de saut à la perche, remplaçant ainsi les modèles précédents en aluminium. Cette matière nouvelle permettait aux athlètes de transmettre l’énergie de leur course au saut lui-même. Cette innovation fut donc l’élément qui mena ensuite à la mise au point des perches actuelles, faites de matériaux composites alliant fibre de carbone et fibre de verre.

Les Jeux Olympiques de Tokyo 1964 s’appuyèrent également sur des technologies améliorées en matière de chronométrage et de pointage des résultats, ainsi que sur des ordinateurs permettant d’enregistrer pour la première fois les statistiques, de manière à afficher les temps des athlètes sur les écrans de télévision. Seiko fit alors ses débuts en qualité de chronométreur officiel des Jeux, et relia le pistolet de départ à une horloge à quartz, ainsi qu’à l’appareil photographique pour la prise de la photo-finish, afin de réaliser la mesure des temps au centième de seconde et atteindre un degré de précision sans précédent.

La société Seiko considère aujourd’hui la technologie mise au point pour les Jeux Olympiques de Tokyo 1964 comme l’élan qui ouvrit la voie aux progrès réalisés par la suite sur le plan de la technologie de chronométrage. Et, cinq ans après les Jeux, Seiko reprit la technologie utilisée à l’occasion des Jeux de 1964 pour lancer sur le marché mondial le premier modèle commercial de montre-bracelet à quartz.

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