Le 2 décembre, la commission des athlètes du CIO a tenu une téléconférence avec le réseau mondial des athlètes pour discuter d’importantes questions d’actualité.

Des représentants de l’AMA s’y sont joints et ont informé les athlètes des dernières évolutions relatives aux sanctions consécutives à la manipulation des données du laboratoire russe.

La CA du CIO a également animé un débat sur la Règle 50 et son importance pour préserver la neutralité du sport.

Chers athlètes,

Sous l’égide de la commission des athlètes (CA) du CIO, le réseau mondial des représentants des athlètes s’est réuni le 2 décembre 2019 pour discuter de deux sujets : l’analyse par l’AMA des données du laboratoire russe et la Règle 50 aux Jeux Olympiques.

Cinquante représentants des athlètes ont pris part à la téléconférence, à laquelle participaient également Kit McConnell, directeur des sports du CIO, Jonathan Taylor, président du Comité indépendant de révision de la conformité (CRC) de l’AMA, et Frédéric Donzé, directeur des opérations de l’AMA.

Évolutions relatives à la lutte contre le dopage

Jonathan Taylor a commencé par faire le point sur de récentes avancées cruciales dans la lutte contre le dopage et leur contexte. En voici les détails :

En janvier 2019, une équipe d’experts de l’AMA a récupéré les données du Système de gestion de l’information des laboratoires (SGIL) et les données analytiques sous-jacentes générées par l’ancien laboratoire de Moscou en Russie.

L’équipe a travaillé d’arrache-pied avec un pool indépendant d’experts médico-légaux de l’Université de Lausanne pour vérifier l’authenticité des données, en comparant la base actuelle avec une copie fournie par un lanceur d’alerte fin 2017.

L’analyse a révélé des incohérences entre les deux bases de données.

Le CRC a demandé au service Renseignement et enquêtes de l’AMA et aux experts médico-légaux d’examiner plus en détail ces divergences. Les experts ont par conséquent identifié différents types de manipulations, notamment la suppression d’une quantité importante d’informations dans la base de données de 2019. Entre juin et octobre 2019, un certain nombre de questions ont été posées aux autorités russes. Des réunions d’experts ont eu lieu entre le service Renseignement et enquêtes de l’AMA et des représentants russes, mais les explications fournies n’ont pas été jugées satisfaisantes.

Le service Renseignement et enquêtes de l’AMA a fait part de ses conclusions au CRC, qui les a considérées comme un cas critique de non-respect des conditions imposées à l’Agence antidopage russe (RUSADA) et au ministère russe des Sports par le Comité exécutif de l’AMA en septembre 2018. La RUSADA avait alors été réintégrée avec l’obligation de fournir à l’AMA une copie complète et authentique des données du laboratoire de Moscou. Conformément au Standard international pour la conformité au code des signataires devenu effectif le 1er avril 2018, le CRC a ensuite envoyé une recommandation au Comité exécutif de l’AMA. Cette recommandation est disponible ici.

Le 9 décembre, le Comité exécutif de l’AMA a approuvé à l’unanimité la recommandation du CRC et l’AMA a immédiatement informé la RUSADA qu’elle disposait d’un délai de 21 jours pour l’accepter. Si la RUSADA rejette les affirmations de l’AMA, elle devra l’en informer. L’AMA saisira alors le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui tranchera.

À ce sujet, le CIO a publié le 9 décembre une déclaration dans laquelle il commente les recommandations de l’AMA. Pour en savoir plus sur les détails de la recommandation du CRC, la décision du Comité exécutif de l’AMA et leurs implications pour les athlètes russes, cliquez ici.

La Règle 50 aux Jeux Olympiques

À l’issue de cette discussion, notre vice-présidente de la commission des athlètes du CIO, Danka Bartekova, a présenté la partie consacrée à la Règle 50. La commission des athlètes du CIO soutient pleinement la liberté d’expression, principe également revendiqué dans la Déclaration sur les droits et responsabilités des athlètes. Notre Commission publiera prochainement un document sur la Règle 50, décrivant plus en détail les possibilités de manifester qui s’offrent à vous.

Que stipule exactement la Règle 50 ?

La Règle 50 de la Charte olympique stipule : « Aucune forme de manifestation ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée sur les sites ou autres lieux olympiques, quels qu’ils soient. » Les Jeux Olympiques doivent rester axés sur la performance des athlètes et la neutralité du sport et faire abstraction de toute question politique, religieuse ou tout autre type d’ingérence.

Les représentants des athlètes ont partagé leurs opinions et les observations de leur propre communauté d’athlètes sur ce sujet. La commission des athlètes du CIO compile actuellement ces retours, qui seront rédigés sous forme de directives destinées aux athlètes participant aux Jeux. Ces lignes directrices seront présentées à la commission exécutive du CIO en janvier lors d’une réunion conjointe avec la commission des athlètes du CIO.

  • Nous devons rester concentrés sur la performance des athlètes et le sport.
  • C’est un principe fondamental selon lequel le sport doit rester neutre et dissocié de toute ingérence politique, religieuse ou autre.
  • Respectez les autres athlètes et ce moment important de leur vie.
  • Clarification sur les occasions pendant lesquelles les athlètes peuvent exprimer leurs opinions.

Les athlètes ont la possibilité de manifester et d’exprimer leurs points de vue sur tous les sujets qu’ils souhaitent pendant les Jeux Olympiques aux occasions suivantes :

  • Dans les zones mixtes lors des interviews
  • Lors des conférences de presse et interviews
  • Lors des réunions d’équipe
  • Dans les médias numériques et traditionnels ou sur d’autres plateformes

Pour toute remarque ou question à l’attention de notre commission sur la Règle 50 ou les récentes évolutions relatives à la lutte contre le dopage, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse athlete365@olympics.com.

Dans l’esprit olympique,

Kirsty Coventry